Soirées de plein air et coronavirus : « Le besoin de faire la fête sera toujours présent »


Face à la fermeture des salles de concerts et des boîtes de nuit, les fêtards se tournent désormais vers des soirées « open air », des soirées en extérieur soumises au respect des gestes barrières.

Comment danser par temps de Covid ? Depuis la fin du déconfinement, le dilemme est posé aux fêtards alors que les boîtes de nuit et les salles de concert restent fermées. En Île-de-France,  les seules soirées encore accessibles légalement sont des « open air », des soirées en plein air, où les gestes barrières sont a priori plus faciles à respecter. Lorsque ces soirées ne sont pas interdites, beaucoup se pressent pour avoir accès au fameux espace de danse. 

Au nord de Paris vendredi 31 juillet, sur un demi-hectare de terre battue au milieu des immeubles, une soirée de ce type a été organisée. Avec un bar, quelques salons en palette où l’on peut s’installer pour discuter, et un DJ présent sur une petite estrade. Une dizaine de personnes se déhanche en rythme devant lui. 

« On est comme des poules en plein air. Il n’y a que ça de vrai ! » s’extasie l’une d’entre elles. Le besoin de décompresser après les dernières semaines se ressent aussi beaucoup devant les enceintes : « En plein été, rester dans un appartement à Paris, c’est pas possible. On a envie de se défouler, de danser un peu parce qu’on n’a pas pu le faire pendant le confinement, pendant trois mois », explique un autre.

Du côté de l’accueil, la jauge a été considérablement réduite pour cette soirée, 250 personnes maximum sur 5 000 m². Mais les gestes barrières ne sont pourtant pas franchement respectés. Malgré les recommandations à l’entrée, personne dans la foule ne porte son masque. « J’ai vraiment hésite à venir, confie Anna-Lisa, en venant j’ai vu qu’il y avait de l’espace, que l’on n’était pas collés et que même sans masque ça allait. »

Là, clairement, je suis assez loin des gens donc ça va.Anna-Lisa, une fêtardeà franceinfo

Si la jeune femme a décidé de venir malgré ses craintes de départ, c’est aussi qu’elle avait un manque à combler. « On a essayé de faire des teufs à trois ou quatre potes dans un appartement, mais ça n’a rien a voir. Ce n’est pas la même qualité de son ni la même ambiance, et c’est ça qui manquait le plus. »

Le besoin de danser des fêtards est aussi fort que celui, pour d’autres, de faire du sport ou d’aller au restaurant mais il pourtant toujours difficile de le faire légalement. De nombreuses soirées ont par exemple été annulées au dernier moment le week-end du 25-26 juillet par les autorités. Et les organisateurs ne sont jamais vraiment sereins face cette situation. « C’est flou, personne ne sait vraiment ce qui est autorisé ou non », explique Émilie, co-organisatrice de la soirée.

À chaque fois on a peur, tout peut être annulé du jour au lendemain.Émilie, co-organisatrice de la soiréeà franceinfo

« Même deux heures avant l’ouverture, la préfecture, la mairie ou même le lieu peut nous dire ‘on ne va pas le faire' », poursuit-elle.

Émilie milite justement pour la réouverture encadrée des lieux de fête : « De toute façon la teuf aura lieu. Nous on va essayer de tout faire pour que ça se passe bien, pour que tout soit respecté, pour qu’il y ait un cadre. Si c’est interdit, il faut savoir que les teufs sans cadre auront lieu, elles seront vivantes, elles seront là. Le besoin de faire la fête, le besoin de se retrouver, de danser, sera toujours présent. »

Depuis le début de l’été, les rave party non autorisées, sans aucun encadrement, se multiplient à Paris et dans ses alentours. 

Adèle Bossard s’est glissée dans une fête « open air » dans le nord de Paris. Reportage.



Source France Info

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