pourquoi le nombre de réanimations stagne-t-il alors qu’il y a une baisse des hospitalisations ?



Alors que le nombre de personnes nouvellement hospitalisées pour cause de coronavirus décroît quotidiennement, celui des patients en réanimation ne semble pas vouloir diminuer.

Une embellie qui tarde à se confirmer ? Depuis plusieurs jours, l’épidémie de Covid-19 tend à diminuer en France. Si, le pic de cette seconde vague semble avoir été passé, la décrue reste encore incertaine comme l’a rappelé le ministre de la Santé, Olivier Véran. Reste que malgré une baisse des hospitalisations à Marseille notamment, le nombre de personnes en réanimation lui semble stagner. Une situation relevée par certains internautes de France 3 qui se sont demandés pourquoi les deux courbes ne se suivaient pas. Décryptage avec deux spécialistes de cette épidémie.
 
Au vu du graphique, la courbe du nombre de patients admis quotidiennement dans les établissements hospitaliers, bien qu’en dents de scie, connaît une baisse progressive. Pourtant la seconde courbe, qui représente le nombre de personnes en réanimation stagne. Une contradiction apparente qui « n’est pas étonnant » pour le professeur Jean Gaudart, épidémiologiste à l’Inserm. Il justifie ce phénomène par un délai constant dans les chiffres.
 

“Il y a toujours 15 jours, un mois de décalage en moyenne, entre les cas positifs, les hospitalisations, les chiffres de réanimation et enfin les décès.”

Jean Gaudart, épidémiologiste

Une situation qui ne surprend pas le professeur. « Actuellement, les décès ne baissent pas encore non plus, c’est l’inertie de l’épidémie tout simplement », résume-t-il. 

« Les patients en réa restent hospitalisés deux à trois semaines »

Une inertie des services de réanimation qui est « logique » pour Emilie Mosnier, infectiologue dépêchée en unité Covid. « Il y a souvent un retard, les patients en réa restent hospitalisés deux à trois semaines. Il y a donc une latence par rapport à la courbe des hospitalisations. » Une durée de soins supérieure donc, qui explique le décalage observé.

Mais ce n’est, pour cette spécialiste, pas la seule raison. « Pour parler franchement, en plein pic, il y a eu des patients qui ne pouvaient pas accéder à la réa car les services étaient pleins, explique-t-elle. Je suis en service covid, je le vois, on est encore en phase de tension à l’hôpital mais la pression redescend et certains patients peuvent maintenant enfin accéder à la réa. »

Emilie Mosnier explique que ces chiffres sont soumis à de nombreuses variations. « La décrue peut aussi se faire différemment selon les localités, conclut-elle. Selon la capacité en lits ou la possibilité de faire passer les patients d’un site à un autre pour soulager un service surchargé. »



Source France Info

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