pourquoi le conseil scientifique s’inquiète d’une possible épidémie « de grande ampleur »



Entre couvre-feu, confinements et gestes barrières, certaines maladies se sont fait oublier l’an dernier. Et notamment la bronchiolite, qui touche les tout-petits. Courante et très contagieuse, cette maladie provoque chez les bébés une toux et une respiration difficile, rapide et sifflante. Bénigne la plupart du temps, elle peut parfois nécessiter un passage aux urgences, voire une hospitalisation, et les risques peuvent être importants pour les nourrissons. Aussi, le conseil scientifique chargé de conseiller l’exécutif sur l’épidémie de Covid-19 met-il en garde contre les risques d’une épidémie de grande ampleur, dans son dernier avis publié le 5 octobre 2021.

Pendant l’hiver 2021-2022, « l’épidémie de bronchiolite pourrait être de grande ampleur compte tenu d’un déficit d’immunité collective acquise significatif pour les enfants nés après mars 2020 », prévient le conseil. En effet, écrivent les scientifiques, « durant la période de circulation du Sars-CoV-2, il a été observé une réduction extrêmement importante de la circulation » du virus respiratoire syncytial (VRS), à l’origine de la bronchiolite. 

« La circulation du VRS, responsable de la bronchiolite du nourrisson, a été pratiquement nulle depuis mars 2020. »

Le conseil scientifique sur le Covid-19

dans son avis du 5 octobre 2021

« L’amplitude de l’épidémie 2020-2021 a été très inférieure à celle de la saison précédente, avec un début tardif », note encore l’institution. Ainsi, l’épidémie n’avait occasionné que 33 971 passages aux urgences des moins de 2 ans durant l’hiver dernier, contre 56 427 en 2019-2020, résume Santé publique France dans son bilan annuel (PDF)

« Cette circulation minimale (…) entraîne un risque de circulation du virus pour les enfants non immunisés lors de l’épidémie 2020-2021, ainsi que pour les enfants qui vont naître entre maintenant et le second mois de la circulation du virus », relèvent les scientifiques en précisant que la population susceptible d’être touchée pourrait être « supérieure à celle observée habituellement ». 

En s’appuyant sur des données de l’hémisphère sud – et notamment sur ce qui a pu être observé en Australie où plusieurs Etats avaient noté une hausse inhabituelle des cas de bronchiolite alors que la saison printemps-été commençait – le conseil scientifique souligne que l’épidémie de bronchiolite pourrait également être décalée dans le temps par rapport à celles qui avaient lieu avant la crise sanitaire de 2020. 

« Il convient donc d’anticiper que la taille de l’épidémie VRS sera plus importante cet hiver en comparaison des hivers précédents, notamment si elle est décalée en janvier ou en février 2022. »

Le conseil scientifique sur le Covid-19

dans son avis du 5 octobre 2021

En l’absence de vaccin ou de traitement contre ce virus qui circule essentiellement chez les enfants, avec un « impact majeur » chez les moins de 6 mois, les scientifiques craignent une pression sur le système hospitalier. « Habituellement, il est observé de l’ordre de 800 000 cas en France par période épidémique (habituellement de début novembre à fin mars, avec un pic fin décembre) », précisent-ils.

« Une saison typique de bronchiolite est à l’origine, chaque semaine, de 5 à 6 000 passages aux urgences pédiatriques et d’environ 2 000 hospitalisations. »

Le conseil scientifique sur le Covid-19

dans son avis du 5 octobre 2021

Pour l’instant, « le niveau des indicateurs reste modéré », mais on observe une « tendance à l’augmentation qui nécessite la plus grande vigilance », explique à l’AFP Delphine Viriot, épidémiologiste à Santé publique France. « L’idée, c’est de pouvoir détecter le plus en amont possible la survenue de l’épidémie, pour permettre la mise en place de l’organisation des services hospitaliers », ajoute-t-elle. Pour la semaine du 27 septembre, on a relevé 1 278 passages aux urgences d’enfants de moins de 2 ans pour bronchiolite, dont 460 se sont soldés par une hospitalisation, contre respectivement 700 et 300 à cette période lors d’une année normale.



Source France Info

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