« On va tout droit » vers une fermeture totale des bars et restaurants à Paris, estime Stéphane Manigold, patron de quatre restaurants parisiens


Le co-fondateur du collectif « Restons ouverts » demande à être reçu par le ministre de l’Économie pour obtenir « des mesures un peu plus progressives et moins radicales ».

Le co-fondateur et l’un des porte-parole de « Restons ouverts », un collectif de patrons de bars, Stéphane Manigold, a estimé sur franceinfo lundi 28 septembre, que les restaurants et bars parisiens vont finir, comme à Marseille, par fermer totalement : « Nous allons fermer, c’est une certitude ». « On va y arriver, on y va tout droit », a-t-il déclaré alors qu’à partir de ce lundi, à Paris et dans 10 autres grandes villes de France, les bars devront déjà fermer leurs portes à 22h pour lutter contre la reprise de l’épidémie de Covid-19

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Stéphane Manigold, qui s’était fait connaître en mai dernier après avoir obtenu gain de cause en justice pour que ses pertes d’exploitation liées au Covid-19 soient indemnisées par son assureur, redoute une décision rapide comme à Marseille où « ils ont eu deux jours de battement ». Voilà pourquoi le collectif « Restons ouverts » réclame une consultation avec les élus locaux, les maires d’arrondissement, la maire de Paris, Anne Hidalgo « qui est également vent-debout contre une fermeture généralisée de nos établissements », explique Stéphane Manigold.

Le porte-parole de « Restons ouverts » indique avoir déjà rendez-vous mardi 29 septembre avec Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France : « Je sais qu’elle est vent-debout contre une décision qui pourrait être prise par le gouvernement de fermer (les restaurants et bars) en Île-de-France. »

Stéphane Manigold précise que même s’il s’oppose à la mesure du gouvernement, il n’appelle pas pour autant à « l’insurrection ». « Si demain le préfet nous dit de fermer, on va fermer. En revanche, on souhaite que ça se passe dans la concertation avec les élus locaux. » Le chef d’entreprise et son collectif demandent à être reçus par Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, « de façon à ce qu’on puisse lui montrer tout ce qu’on a fait et pour, pourquoi pas, obtenir des mesures un peu plus progressives et moins radicales ».

Propriétaire de quatre restaurants gastronomiques à Paris, Stéphane Manigold ne fermera pas ses établissements à partir de ce lundi à 22h car ils possèdent une licence IV [ qui permet de rester ouvert tout comme la licence restauration ou petite restauration]. Toutefois, le commerçant se dit « solidaire » de ses collègues marseillais. Selon lui, les patrons de Marseille et d’Aix-en-Provence ont « investi dans des masques et du gel » et font « respecter les gestes barrières ».

Si des établissements persistent à ne pas respecter les gestes barrières, qu’on les ferme. Mais que l’on ne ferme pas de façon généralisée !Stéphane Manigoldà franceinfo

Selon Stéphane Manigold, la fermeture des bars à 22h dès ce lundi à Paris ne sera pas suffisante pour éviter, in fine, une fermeture totale des restaurants : « On va y arriver, on y va tout droit. D’ailleurs, tous les indicateurs nous montrent que nous allons fermer (…) C’est une certitude. Cela va devenir un secret de polichinelle »; affirme l’entrepreneur qui invite « tous les Parisiens et Parisiennes à venir dans nos établissements pour profiter avant ces fermetures. »

Le restaurateur parisien indique que le personnel de ses établissements est testé contre le coronavirus « tous les 15 jours ».Il dit avoir également commandé des vaccins contre la grippe saisonnière pour ses employés. « Diriger c’est prévoir », défend-il. Stéphane Manigold rappelle que la situation économique des restaurateurs a atteint un point critique.

On ne s’est toujours pas relevés de cette première casse économique qui a été violente pendant trois mois.Stéphane Manigoldà franceinfo

« Il faut garder en tête que nous avons rentré zéro euro de chiffre d’affaires, poursuit Stéphane Manigold, que nos établissements sont globalement entre moins 40 et moins 60% de chiffre d’affaires depuis le début de l’année. Il est simple de comprendre qu’aucun business model au monde ne peut tenir un tel choc. » Le chef d’entreprise est clair : « On ne survivra pas à une deuxième fermeture ! »



Source France Info

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