le vaccin Janssen sera « très probablement » réservé « comme celui d’AstraZeneca aux personnes de plus de 55 ans », estime l’infectiologue Odile Launay



L’Agence européenne des médicaments a jugé mardi 20 avril que la balance bénéfice risque du vaccin contre le Covid-19 du laboratoire Janssen reste « positive » malgré huit cas de thromboses veineuses détectés aux Etats-Unis après son injection. Ce vaccin sera « très probablement » réservé « comme celui d’AstraZeneca aux personnes de plus de 55 ans », estime sur franceinfo Odile Launay, infectiologue, coordinatrice du centre de vaccinologie Cochin-Pasteur et membre du comité vaccin Covid-19.

franceinfo : Cette annonce de l’Agence européenne des médicaments est-elle un soulagement ?

Odile Launay : Nous l’attendions effectivement. Cette nouvelle ne nous surprend pas car les effets secondaires décrits sont très similaires à ceux d’AstraZeneca. Il s’agit d’effets exceptionnels, probablement plus rares avec le vaccin Janssen.

Les huit cas de thrombose rapportés aux États-Unis au début de la vaccination ont été observés chez des femmes jeunes, de moins de 50 ans. L’hypothèse est donc que c’est la fabrication d’auto-anticorps dirigés contre certains éléments du sang qui est responsable de ces thromboses.

Odile Launay, infectiologue

à franceinfo

La proposition, parce qu’on a absolument besoin de ces vaccins, sera donc très probablement de le réserver comme celui d’AstraZeneca aux personnes de plus de 55 ans.

200 000 doses de ce vaccin attendent en France chez les grossistes-répartiteurs. Va-t-on pouvoir commencer à injecter le vaccin Janssen dès les prochains jours ?

Effectivement, ces vaccins vont pouvoir être envoyés chez les médecins qui les commanderont et dans les pharmacies. Il s’agit d’un vaccin facile à administrer puisqu’une seule dose suffit, c’est un énorme avantage par rapport aux autres sérums qui en nécessitent deux. Il est donc très important de pouvoir utiliser ce vaccin, particulièrement dans une période où le virus circule de manière très intense en France. Il faut aller le plus vite possible dans la campagne de vaccination pour éviter les hospitalisations.

A-t-on des éléments pour permettre aux personnes potentiellement atteintes de ces effets secondaires de s’en rendre compte rapidement ?

On sait qu’il s’agit de thromboses veineuses qui ne ressemblent pas à celles qu’on a l’habitude de voir comme les phlébites et les embolies pulmonaires. Elles sont situées dans des veines atypiques.

Les personnes qui viennent de se faire vacciner, car ces épisodes arrivent très précocément après l’injection, peuvent donc s’alerter en cas de maux de tête inhabituels, de douleurs dans la poitrine ou de difficultés à respirer.

Odile Launay

à franceinfo

Dans ce cas, elles peuvent contacter, soit leur médecin traitant, soit les urgences pour déterminer au plus vite s’il s’agit ou non d’une complication. Rappelons cependant que ces effets secondaires sont exceptionnels. Mais pour être rares, ils n’en sont pas moins graves, c’est pourquoi il faut impérativement informer les patients comme les soignants susceptibles de les prendre en charge.



Source France Info

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