Le Premier ministre Jean Castex attendu à Alger sur fond de réchauffement bilatéral



Il est loin le temps où le président algérien, au lendemain de son élection, s’agaçait publiquement de son homologue français. Le Premier ministre français Jean Castex se rendra dimanche 11 avril en Algérie, nouvelle étape dans le rapprochement bilatéral engagé par les présidents Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, a annoncé Matignon. Jean Castex coprésidera avec son homologue Abdelaziz Djerad un Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN), instance qui se réunit régulièrement pour faire le point notamment sur la coopération économique entre les deux pays. Ce comité ne s’est toutefois plus tenu depuis décembre 2017 en raison du mouvement de protestation populaire du Hirak, qui a conduit à la chute du président Abdelaziz Bouteflika en 2019, puis de la crise sanitaire liée au Covid-19.

Après des tensions lors du soulèvement populaire du Hirak il y a deux ans, Emmanuel Macron a opté pour un soutien ouvert au président Tebboune, dont l’élection fin 2019 a été massivement rejetée par la population et qui reste contesté dans la rue. Un appui qui suscite des critiques au sein du mouvement pro-démocratie.

« Le couple Algérie-France a bien le droit, après 59 ans, d’en finir avec les malentendus et de baliser la voie à un avenir serein dans l’intérêt de nos deux peuples. Nous n’avons pas le droit de tourner le dos aux interpellations de l’heure. Moi, je dis ‘Assumons-nous’. Et cela, quels que soient les obstacles qui peuvent s’ériger sur cette voie »

Mohamed-Antar Daoud, ambassadeur d’Algérie à Paris

A l’APS, le 30 mars 2021

« La visite du Premier ministre s’inscrit dans le réengagement de la relation voulue par les deux présidents », souligne l’entourage de Jean Castex à l’Hôtel Matignon, en saluant le « contexte de réchauffement » entre les deux pays. Elle a toutefois été retardée par l’hospitalisation à deux reprises du président algérien en Allemagne à la fin 2020 et au début 2021 pour des complications liées au Covid.

Le rendez-vous a finalement été programmé malgré la nouvelle vague de coronavirus, qui mobilise pleinement l’exécutif et complique tout déplacement international, afin de ne pas se tenir trop près des législatives anticipées, prévues le 12 juin en Algérie, boycottées par une partie de l’opposition et par le Hirak« Jean Castex a souhaité le maintenir pour témoigner de l’engagement de la France et faire un geste d’amitié vis-à-vis de l’Algérie », relève-t-on à Matignon. « Les deux présidents ont engagé une reprise de la relation franco-algérienne, dans un nouveau climat de confiance. Cela devait se traduire par la reprise de contacts bilatéraux et notamment par ce CIHN », ajoute-t-on.

En raison des contraintes liées à la crise sanitaire, la visite ne durera toutefois qu’une journée et la délégation ministérielle sera plus réduite que lors des précédentes éditions. 



Source France Info

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