la ville peut nuire à votre santé


Brouillard sur Paris. La pollution de l'air est responsable de millilers de morts prématurées chaque année. 
Brouillard sur Paris. La pollution de l’air est responsable de millilers de morts prématurées chaque année.  (GETTY IMAGES)

franceinfo : Pollution, bruit : la ville tue. En Europe, la pollution de l’air serait responsable de 420000 décès prématurés chaque année. Cécile Maisonneuve, ma ville demain saura-t-elle nous promettre une vie en bonne santé ?

Cécile Maisonneuve : Une ville qui produit de la santé ? Voilà une expression a priori paradoxale, plus encore en temps de pandémie, où un certain nombre de nos concitoyens ont appliqué à la lettre le précepte attribué à Hippocrate : en cas de pandémie : « Fuis vite, loin/longtemps et reviens tard ». Et pourtant, nos villes sont très largement façonnées par les préoccupations de pandémie et de santé. L’exemple archétypal en France, c’est le Paris d’Haussmann : les larges avenues, les appartements traversants, les égouts, les façades claires ? Tout cela renvoie aux préconisations du courant hygiéniste du 19e siècle pour lutter contre le développement des épidémies en agissant sur la circulation de l’air, l’entrée de la lumière ou la séparation des eaux usées.

Aujourd’hui, notre santé ne dépend-elle pas avant tout de nos choix de vie – fumer ou pas, faire du sport, se nourrir ?

C’est certain, nous sommes les premiers responsables de notre propre santé. Pour autant, on estime que 70% des déterminants de notre santé dépendent de notre environnement. Cela signifie que les choix en matière d’urbanisme, la manière dont nous construisons les bâtiments, dont nous organisons les espaces urbains influencent directement notre santé.

Le sujet qui revient souvent dans le débat, c’est celui de la qualité de l’air : à part réduire les sources pollution, à commencer par la voiture, que peuvent faire les villes ?

C’est un sujet majeur. Là c’est sur la disposition, l’orientation, la hauteur des bâtiments qu’il faut jouer pour orienter les flux de pollution. Dans le cadre d’un projet d’aménagement urbain, Strasbourg a modélisé ces flux. Résultat un agencement des bâtiments mieux conçus sans quoi la pollution se concentrait… dans une cours d’école. L’aménagement des espaces publics en ville est aussi très important. Par exemple, un espace public pensé uniquement pour la voiture, c’est une vie de quartier moins active, des interactions de voisinage limitées, ce qui influe sur la santé mentale. C’est aussi des enfants inactifs. Le rayon d’action des enfants a diminué de 90% en 30 ans ! D’où obésité, surpoids. Donc oui, la ville peut favoriser une bonne santé, physique, mentale. Je dirais même qu’elle le doit dès lors que ¾ des humains vivront en ville dans 30 ans.



Source France Info

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