la diaspora algérienne se mobilise face à la troisième vague du Covid-19 qui frappe le pays



Des vidéos d’hôpitaux surchargés, des témoignages de médecins à bout, des tweets appelant à l’aide… L’épidémie de Covid-19 frappe durement l’Algérie cet été. Depuis mi-juillet, les réseaux sociaux se font l’écho de l’affolement de nombreux Algériens face à la dégradation de la situation sanitaire, qu’ils soient sur place ou à l’étranger. En France, la diaspora tente de se mobiliser tant bien que mal, malgré la distance.

« On essaie d’avoir très souvent nos proches au téléphone pour se rassurer, confie Mehdi, dont la famille vient de perdre un de ses membres dans un hôpital de l’ouest algérien. La situation est tellement dégradée que nous, membres de la diaspora, on ne se renseigne qu’à travers nos familles et les réseaux sociaux. » Le Franco-Algérien de 21 ans n’est pas retourné à Alger, où vit une partie de sa famille, depuis le début de la pandémie, comme bon nombre de ses concitoyens.

« Les appels à l’achat d’oxygène pullulent sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. »

Face à ce constat, Mehdi s’est impliqué dans la diffusion d’une cagnotte, qu’il a relayée tous les jours. Une levée de fonds, désormais fermée, lancée le 20 juillet par des réseaux d’associations d’étudiants et de cadres algériens qui a atteint près de 630 000 euros. Mais ces élans de solidarité n’empêchent pas le jeune homme de se sentir démuni face aux nouvelles. « C’est très compliqué de suivre ça à distance, on se sent impuissant : c’est pour ça qu’on essaye d’aider comme on peut. Et ce n’est pas uniquement la diaspora en France, assure-t-il. Les Algériens ne sont jamais autant solidaires que dans l’adversité. »

« Certains hôpitaux font face à une pénurie d’appareils à oxygène : les patients qui en ont besoin ne peuvent pas être pris en charge », abonde Assia, 17 ans. Une véritable course à l’oxygène s’est ouverte sur les réseaux sociaux. Les personnes dont les proches sont infectés par le Covid-19 cherchent à se procurer des appareils par leurs propres moyens. Pour les aider, Assia a participé au lancement d’une cagnotte via son association lilloise pour aider le pays dont elle est originaire. Une grande partie de sa famille réside à Alger et à Sétif, « mais ce n’est pas la seule raison qui m’a poussée à lancer la cagnotte, affirme-t-elle. Je ne pouvais pas rester les bras croisés face à cette situation, sachant que des personnes meurent alors qu’on peut les aider. »

Le plus compliqué pour la diaspora reste de ne pas être sur place. « Ça fait longtemps que je n’ai pas vu ma famille, à cause du contexte sanitaire. Ça fait vraiment mal au cœur de les voir souffrir, de voir que la situation se dégrade encore et encore, raconte la jeune femme. Certains membres de ma famille sont malades : à distance, nous essayons de leur apporter notre soutien, nous les appelons souvent. »

Du côté de la famille de Seyf, 18 ans, « heureusement jusque-là tout va bien pour eux, mais des proches de proches sont touchés par le Covid-19. La crise fait rage là-bas, ils manquent d’extracteurs d’oxygène. » Il relaie donc depuis quelques jours une cagnotte lancée le 31 juillet, portée par une association meurthoise, afin d’aider à son niveau. « En réalité on ne peut pas faire grand-chose à distance. Donc le minimum qu’on peut faire, on le fait », témoigne Seyf à franceinfoS’il est désormais étudiant à Toulouse, ses deux parents sont originaires de la région de Constantine, dans l’est du pays. La majeure partie de sa famille y habite. « Mes parents sont évidemment atteints par la situation. C’est compliqué de voir son pays en crise, de voir qu’il y a des gens qui y souffrent. »

Au 2 août, l’Algérie dénombre officiellement 4 329 morts depuis le début de la pandémie. Des chiffres qui ne correspondent pas à la réalité, d’après des témoignages de professionnels de la santé sur place rapportés par l’AFP. Le 25 juillet, pour tenter d’enrayer la recrudescence des contaminations, l’État algérien a durci les mesures anti-Covid en étendant le couvre-feu sur plus de la moitié du territoire. L’accès à certaines plages et de nouvelles restrictions ont été prises dans les lieux recevant du public.





Source France Info

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