« Il y a encore la place pour d’autres vaccins », souligne l’infectiologue Odile Launay



La production de vaccins contre le Covid-19 commence mercredi 7 avril chez Delpharm, dans son usine de Saint-Rémy-sur-Avre (Eure-et-Loir), pour le compte du laboratoire allemand BioNTech, partenaire de l’américain Pfizer. Dans les prochains mois, cinq sites industriels devraient produire des vaccins en France. « Il faut tout faire pour produire de manière importante et la plus rapide possible », insiste sur franceinfo la Pr Odile Launay, membre du comité scientifique vaccin Covid19 et coordinatrice du centre de vaccinologie Cochin-Pasteur. L’infectiologue estime également qu’il y a « encore la place pour d’autres vaccins » contre le Covid-19. « On doit pouvoir avoir des vaccins potentiellement plus efficaces chez certaines populations, je pense aux personnes qui ont un système immunitaire défaillant », explique-t-elle.

franceinfo : Le fait de produire en France va-t-il changer quelque chose ?

Pr Odile Launay : Nous avons la chance d’avoir des vaccins qui ont démontré leur efficacité donc il faut tout faire pour produire de manière importante et la plus rapide possible pour vacciner la majorité au niveau de l’Europe et au niveau international. Je pense que tout ce qui peut être fait dans ce sens-là est évidemment un point extrêmement important et une bonne chose. Cela n’empêche pas de continuer la recherche et d’essayer de mettre au point un vaccin qui pourra être utilisé dans un deuxième temps, mais aujourd’hui la priorité c’est de pouvoir produire le plus de doses de vaccin possible avec les vaccins qui ont déjà démontré leur efficacité. Le problème n’est pas français, il est européen et mondial.

À quoi est-ce que cela sert d’essayer de développer de nouveaux vaccins puisqu’il y en a déjà plusieurs ? À quoi correspond ce deuxième temps ?

Il correspond au développement de vaccins qui pourraient être efficaces sur les variants du virus qu’on voit émerger. On n’est pas du tout à l’abri d’avoir des variants qui échappent aux vaccins dits de deuxième ou troisième génération. On doit pouvoir avoir des vaccins potentiellement plus efficaces chez certaines populations, je pense aux personnes qui ont un système immunitaire défaillant. Les premières données montrent que ces vaccins à ARN ne sont pas suffisamment efficaces et il va falloir leur proposer des vaccins plus immunogènes et potentiellement plus efficaces. Il reste des recherches sur des vaccins qui pourraient avoir une efficacité prolongée. Donc, on est au tout début de la vaccination.

« Les premiers ont montré une très grande efficacité, mais on va avoir, dans les années qui viennent, très probablement besoin d’injections de rappel. Donc, il y a encore la place pour d’autres vaccins. »

Pr Odile Launay, membre du comité scientifique vaccin Covid19

à franceinfo

Les personnes à la santé fragile ne pouvant pas être vaccinées avec les vaccins actuels sont-elles nombreuses ?

C’est difficile de le dire puisqu’on vient d’avoir des données chez des gens qui sont à très haut risque, ce sont des transplantés d’organes solides, des dialysés. On ne peut pas dire que c’est marginal. Ces personnes sont en nombre important, ce sont des personnes fragiles et on se doit de leur proposer des vaccins qui les protègent. Pour l’instant, on va protéger ces personnes en vaccinant leur entourage, ce qui est une première approche, mais on a absolument besoin de pouvoir protéger ces personnes-là. C’est un objectif qui est prioritaire, on n’a pas encore beaucoup de données sur la réponse immunitaire des gens traités par chimiothérapie mais il me semble qu’on ait le même type de difficulté à la traiter.



Source France Info

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