à Dunkerque, « la situation est pire qu’à Nice » estime un médecin car il n’y a « que du variant anglais plus contagieux »



A Dunkerque, « la situation est pire qu’à Nice« , a affirmé mardi 23 février sur franceinfo le professeur Philippe Froguel, généticien et endocrinologue au CHRU de Lille. « Le taux d’infection est beaucoup plus important. Il a augmenté de 40 % et les hôpitaux sont déjà saturés« , détaille Philippe Froguel, alors que le ministre de la Santé Olivier Véran doit se rendre mercredi à Dunkerque où on compte 900 cas positifs au Covid-19 pour 100 000 habitants. A Nice, le taux est de 700 pour 100 000 habitants. 

Alors que le maire de Dunkerque veut éviter à tout prix un confinement, Philippe Froguel pense, au contraire, qu’il faut « faire au minimum comme à Nice, un confinement le week-end, ne serait-ce que pour protéger » la population locale et « tous les gens qui sont en vacances et qui risquent de ramener le variant anglais chez eux« .

Le médecin souligne que le variant anglais est largement majoritaire à Dunkerque, « à 98 % aujourd’hui » sur des données basées sur les tests PCR. « L’anglais a remplacé tout le monde. » A Lille, où Philippe Froguel a séquencé des échantillons « de la fin de la semaine dernière« , le variant anglais représente 40 % des contaminations, et le variant sud-africain 2 %. Il estime qu’à Lille, « on sera probablement majoritaire en variant anglais cette semaine. Et dans 15 jours, on risque d’être dans la situation de Dunkerque« .

Pour Philippe Froguel, il « paraît inévitable de faire des mesures localisées pour essayer de contenir l’épidémie dans l’épidémie et essayer de résister« . Actuellement, les patients malades « sont envoyés dans d’autres hôpitaux que ceux de Dunkerque » qui sont pleins. « Si on a la même chose à Lille dans 15 jours, on va faire comment ?« , s’inquiète le médecin du CHU de Lille. Il a peur de se retrouver « avec une tension maximale dans tout le nord des Hauts-de-France dans 15 jours, trois semaines« . S’il n’y a « pas de saturation » des hôpitaux à Lille pour l’instant, il reste inquiet, car, « entre le 10 et le 15 mars« , il risque selon lui « d’y avoir une augmentation de personnes aux urgences« .

Philippe Froguel plaide pour une plus grande surveillance de « ce qui se passe dans tous les territoires chaque semaine » et également « détecter l’apparition d’autres variants (…) pour que le gouvernement soit agile et décide, soit encore des choses très localisées ou quelque chose de plus général« .



Source France Info

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